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Construire un plan de formation en entreprise : la méthode 2026

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Construire un plan de formation en entreprise : la méthode 2026

Construire un plan de formation en entreprise consiste à recenser les besoins en compétences, à les prioriser, puis à bâtir un budget et à mobiliser les bons financements. Ce document, appelé plan de développement des compétences depuis deux mille dix-neuf, formalise les actions retenues par l’employeur. Il sécurise les obligations légales et pilote la montée en compétences des équipes.

Plan de formation ou plan de développement des compétences

Le terme officiel a changé au premier janvier deux mille dix-neuf. Le plan de formation est devenu le plan de développement des compétences. La logique reste la même : c’est l’ensemble des actions de formation décidées par l’employeur pour ses salariés, sur l’année.

Ce plan répond à une obligation de fond inscrite dans le Code du travail. L’employeur doit assurer l’adaptation de ses salariés à leur poste et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi. Le plan est l’outil concret qui matérialise cette responsabilité.

Il regroupe deux familles d’actions très différentes. Les formations obligatoires conditionnent l’exercice d’une activité au titre d’une disposition légale ou réglementaire : habilitation électrique, gestes de sécurité, mises à jour techniques imposées par le poste. Les formations utiles, elles, servent la montée en compétences, l’adaptation à un nouvel outil ou l’accompagnement d’une évolution de fonction.

Cette distinction n’est pas théorique. Une formation obligatoire se déroule intégralement sur le temps de travail, avec maintien de la rémunération. Une action non obligatoire peut, sous conditions et accord, se tenir en partie hors temps de travail. Classer correctement chaque formation évite des erreurs de paie et de financement.

Étape une : recenser les besoins de formation

Le recensement est la base de tout. Un plan construit sans diagnostic réel se résume à reconduire les formations de l’an passé, ce qui rate les vrais enjeux. Trois sources alimentent ce recensement.

La première relève du réglementaire. Le document unique d’évaluation des risques professionnels et les obligations conventionnelles imposent certaines formations. Ces besoins ne se discutent pas : ils s’inscrivent d’office au plan.

La deuxième source vient des individus. Les entretiens professionnels font remonter les souhaits d’évolution, les projets de reconversion et les besoins exprimés par chaque salarié. L’employeur a tout intérêt à exploiter ces échanges, dont le cadre et la nouvelle cadence sont détaillés dans notre dossier sur l’entretien professionnel et les obligations de l’employeur. Les entretiens annuels d’évaluation complètent ce recueil côté performance et objectifs.

La troisième source est stratégique. Elle découle des projets de l’entreprise : nouveau logiciel, ouverture d’un marché, virage numérique, départ en retraite d’un expert à remplacer. Ces besoins futurs anticipent les compétences manquantes avant qu’elles ne deviennent un frein.

Une fois collectés, les besoins se trient. Les regrouper par grandes catégories clarifie le travail :

  • Sécurité et réglementaire, qui ne souffrent aucun report.
  • Technique et métier, liés à la production directe.
  • Management et relationnel, pour les fonctions d’encadrement.
  • Digital et outils, devenus transverses à presque tous les postes.
  • Langues, selon l’exposition internationale de l’activité.

Chaque besoin reçoit ensuite un niveau de priorité, croisant l’urgence et l’impact sur l’activité. Une habilitation expirée passe avant une formation de confort. Ce tri brut transforme une liste de souhaits en plan exploitable.

Étape deux : prioriser et formaliser le plan

La priorisation tranche entre l’utile et le possible. Aucune entreprise ne finance tout : il faut arbitrer. Le critère décisif reste l’alignement entre la formation et la stratégie. Une compétence qui sécurise un contrat majeur prime sur une demande individuelle isolée.

Le plan se formalise alors dans un document écrit. Aucune loi n’impose un modèle précis, mais une trame solide gagne à préciser, pour chaque action, l’intitulé, les salariés concernés, l’objectif visé, la durée, le coût estimé et la source de financement envisagée. Cette traçabilité protège l’employeur et structure le dialogue interne.

Composante du planQuestion à trancherSource utile
Action de formationQuel besoin précis comble-t-elleRecensement
Public concernéQuels salariés, combienEntretiens et postes
CatégorieObligatoire ou utile à l’activitéCode du travail
Coût et financementBudget interne, OPCO ou CPFDevis et OPCO
CalendrierQuand, sur ou hors temps de travailContraintes d’activité

Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, cette étape comporte une obligation forte. Le comité social et économique est consulté chaque année sur les orientations de la formation professionnelle et sur le plan de développement des compétences. Sauter cette consultation expose à un délit d’entrave. En dessous de ce seuil, la consultation n’est pas requise, mais associer les représentants du personnel reste une bonne pratique.

Étape trois : bâtir le budget formation

Le budget ne se résume jamais au prix des stages. Le réduire aux frais pédagogiques fausse tous les arbitrages. Quatre postes de coûts composent un budget réaliste.

Les coûts pédagogiques regroupent le tarif des formations, qu’elles soient internes ou externes. Les frais annexes couvrent les déplacements, l’hébergement et les repas des salariés en déplacement. La rémunération maintenue pendant le temps de formation représente un coût souvent oublié, pourtant bien réel. Enfin, les coûts de remplacement entrent en jeu quand l’absence du salarié doit être compensée sur le poste.

Côté volume global, un repère structure la réflexion. Les entreprises françaises investissent en moyenne entre un et demi et trois pour cent de leur masse salariale dans la formation. Pour une PME, un plancher de un pour cent constitue un minimum cohérent pour entretenir réellement les compétences.

Attention à ne pas confondre ce budget avec la contribution légale. La contribution à la formation professionnelle, collectée par l’Urssaf, s’élève à zéro virgule cinquante-cinq pour cent de la masse salariale brute en dessous de onze salariés, et à un pour cent au-delà. Cette somme alimente les fonds mutualisés : c’est un prélèvement, pas le budget de formation de l’entreprise. Le détail du calcul et des échéances est traité dans notre article sur la contribution à la formation professionnelle.

Étape quatre : mobiliser les financements

Le financement intelligent combine plusieurs leviers plutôt que de tout porter sur le budget interne. La répartition optimise l’effort et augmente le volume de formation accessible.

L’opérateur de compétences est le premier levier. Pour les entreprises de moins de cinquante salariés, l’OPCO peut prendre en charge tout ou partie des actions du plan, dans la limite des fonds disponibles et selon les priorités de la branche. La demande se dépose avant le démarrage de la formation, accompagnée du devis et du programme de l’organisme, dont il faut vérifier l’éligibilité. Pour les entreprises de cinquante salariés et plus, le financement repose surtout sur le budget propre, l’OPCO n’intervenant que sur des dispositifs prioritaires.

Le compte personnel de formation est un second levier, mobilisable sur les parcours certifiants individuels. L’employeur peut proposer un cofinancement, dit abondement, pour compléter les droits du salarié sur un projet aligné avec les besoins de l’entreprise. Les modalités pratiques sont décrites dans notre guide complet pour financer une formation avec le CPF.

Le budget interne ferme la boucle. Réservé aux besoins très spécifiques, non couverts par les dispositifs mutualisés, il finance ce que ni l’OPCO ni le CPF ne prennent en charge. Cette articulation entre les trois sources s’inscrit dans le cadre plus large décrit dans notre dossier sur la formation professionnelle continue, ses droits et ses dispositifs.

Les obligations de l’employeur à respecter

Le plan n’est pas qu’un outil de gestion : il sert de preuve de conformité. Plusieurs obligations s’imposent à l’employeur, quelle que soit la taille de la structure.

L’obligation centrale tient au maintien de l’employabilité. L’employeur doit faire bénéficier chaque salarié d’au moins une formation non obligatoire sur une période de six ans. Le respect de cet engagement se vérifie lors du bilan de parcours professionnel, devenu un bilan à huit ans depuis la réforme de deux mille vingt-cinq. Un manquement combiné à une absence d’entretien expose, dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, à un abondement correctif sur le compte du salarié.

Les formations obligatoires constituent un socle non négociable. Elles s’imposent dès lors qu’un texte conditionne l’exercice de l’activité, se déroulent sur le temps de travail et restent à la charge intégrale de l’employeur. Les omettre, c’est exposer l’entreprise à un risque juridique et à un risque opérationnel direct.

La traçabilité, enfin, protège tout le dispositif. Conserver les comptes rendus d’entretien, les attestations de formation et le plan lui-même permet de prouver la conformité en cas de contrôle ou de litige. Un salarié qui conteste son employabilité devant le juge active souvent ce volet. Pour préparer ces parcours, identifier en amont une formation certifiante reconnue et financée donne au plan une vraie cohérence de moyen terme.

Suivre et ajuster le plan dans la durée

Un plan figé perd vite sa valeur. Les priorités bougent, des urgences surgissent, des budgets se libèrent ou se contractent. Le suivi transforme un document annuel en outil de pilotage vivant.

Quelques indicateurs simples suffisent à garder le cap :

  • Le taux de réalisation, soit le rapport entre les formations prévues et celles effectivement suivies.
  • Le budget consommé par rapport au budget engagé, pour repérer les dérives.
  • Le nombre de salariés formés, qui mesure la couverture réelle des équipes.

Le bilan de fin d’année alimente directement le plan suivant. Les actions reportées, les besoins non couverts et les retours des participants nourrissent le diagnostic de l’année à venir. Le plan devient ainsi un cycle, pas un exercice ponctuel.

Prochaine étape concrète : ouvrir un tableur partagé, y reporter les besoins issus des derniers entretiens professionnels, les classer par catégorie et priorité, puis chiffrer les trois premières actions et déposer la demande de financement auprès de l’OPCO avant la fin du trimestre. Un plan se construit en avançant, pas en attendant la version parfaite.

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